Il n'est pas facile de s'extraire du séduisant ouvrage, de quitter Flaubert, les arpenteurs de la Terre et autres inventeurs de savoirs. A Philippe Descola, Michel Serres emprunte la typologie des quatre visions du monde qui peuplent l'imaginaire des hommes, qui saturent leur conscience. Il croise le dissocié avec la dextérité du geste jardinier. Il rafistole un homme que ses frustes idées mutilent. En nous, meurtris du découpage naturaliste, prisonniers du dualisme sujet/objet, subsistent les prestiges du vitalisme animiste, les vertiges du totémisme animal et les miracles de l'analogisme, d'un réel cousu de relationnel. De fait, nous sommes frères. Avec bêtes et plantes. Avec la Terre entière. Inutile, entre nous, de revendiquer le truchement d'une morale. Nous sommes frères, par delà le droit.
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