Or la clarté d'un tel portrait à plusieurs plumes masque le mystère Chirac. L'homme des foucades au stade de France et des ruades en Israël ne lâche rien sur son énigme. C'est un bloc d'étrangeté, cuirassé d'un excès de simplicité. Il reste impénétrable comme un fragment d'Héraclite. On le croyait creux: il était rare. On ne lira jamais ses arrières-pensées de prompteur. On ne déchiffrera pas son bouleversant regard d'égaré. Chirac est un Poulidor vainqueur, sans stratégie voyante, sans intelligence criarde. On n'est pas près de comprendre ce savoir-faire d'improbable homme de la terre, de paysan ministériel à patois mécanique, de technocrate à mallette au know-how de péquenot. On ne trouve pas ce genre d'énergumène sous le sabot d'un cheval. Son vieux peuple va devoir cravacher pour rattraper sa bévue.
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