dimanche 1 février 2026

Sarah, hors format

Elle a tout faux, Sarah. Banlieusarde de naissance, elle travaille en bonne intelligence avec la connaissance, sort dit-on major de l’Ena. Cette fille, d’après l’épopée glorieuse de Charles de Gaulle, se rêve en Jeanne d’Arc d’une France heureuse. Sarah, hors format, est animée par une attention d’exception pour la chose publique et le sort d’un pays à la dérive pathétique. On songe à ce que Simone Weil écrivait à Joë Bousquet : « L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité ». Sarah tue le match, boxe dans la catégorie des tueuses de charme. Son sourire désarçonne les plus chevronnés censeurs. C’est un uppercut qui va droit au but. Sur les plateaux, elle impose ses bons mots, bouscule les héritiers du micro. Elle n’a peur de rien, sauf de l’incurie de l’Etat, sauf de l’impéritie des copains et des galopins. Son brio et sa verve, ses saillies qui pétillent enchantent l’esprit. A l’heure où les politiciennes au rancart se fourvoient, Ségolène Royal, notamment, qui s’agenouille devant le roitelet d’Alger, Sarah, la pétulante guerrière, nous délivre des œillères d’hier, porte haut, à nouveau, les couleurs d’une nation millénaire. Le temps des vieux chevaux de retour qui poireautent cent-sept ans en politique et squattent le pays ad vitam aeternam, tel Bayrou le mièvre troubadour, toujours devant le même balcon de la même Ségolène à bégayer ses ritournelles paloises, ce temps des misérables renoncements est fini. Allez, ouste ! Allez, Sarah !