samedi 11 avril 2026
La Bayrouzina
Bagayoko a éclipsé Bayrou. Le triomphe de l’un a masqué le fiasco de l’autre. Les gueux de Pau ont décapité leur vieil édile comme les soldats romains exécutèrent Denis de Paris, martyr chrétien. La déroute municipale de Bayrou achève une laborieuse carrière à ahaner les vertus rêvées d’une Europe fédérale. Le disque est rayé d’avoir tant bégayé. Cette vieille baderne a mordu la poussière de son patelin du Béarn. Faux pas à Pau, ville décentrée.
L’ultra centriste, l’hyper tiède, le radical du marais rumine ses passions tristes. Il s’est fait tirer les oreilles. Il n’entend que pouic, n’escamote que les mots. Le contempteur des nations, béatement content de ses bilans fanfarons, est éjecté du toboggan des épatants par une bande de gueux de son canton. Les Basques sont sortis du bosquet pour congédier l’ancien chef de pas de majorité. Ouste !
BBB : Bayrou a Bu un Bouillon. Où le recaser ? A Versailles ? Au Conseil Machin ? Au Comité Bidule ? A un endroit plaisant avec vue sur de généreux émoluments. Au Plan, par exemple, où il avait ses habitudes, où il pourrait jouer à nouveau au commissaire, avec chauffeur et secrétaire. Pour 2032, le président de dans six ans lui aurait promis le Panthéon, un discours aux Invalides, des funérailles nationales, des obsèques européennes avec les petites étoiles du drapeau bruxellois. A vrai dire, j’ai l’impression que Bayrou, à l’élocution si stagnante, vient enfin de terminer une phrase, de clore une carrière inutile de féodal européiste. Les Palois ont bandé leur bel arc du Béarn, l’ont fléché en plein centre.
Bayrou appartient à la tradition « des enfants de chœur qui auraient bu les burettes », selon la formule du génial Général. Faute de vin de messe, le rescapé du vieil MRP a pris un bon bouillon. Il s’est jeté dans le gave de Pau comme dans la gueule du loup. C’était la Bayrouzina. In memoriam Bayrou.
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