jeudi 8 janvier 2026
La plus belle fille du monde
A la mort de Bernard Frank, j’ai pleuré, j’ai pressenti - je l’ai écrit - que la langue française serait désormais moins aimée.
Une France sans Bardot, c’est la flèche de Notre-Dame qui choit, c’est la Tour Eiffel qui se craquèle. Bardot, Sagan, le charmant petit monstre sous la plume de Mauriac, n’avaient rien de commun, sauf une liberté, une indomptable légèreté, un panache à la française.
Bardot était une femme cabocharde qui multipliait les espiègleries, se riait des voitures à cocarde.
Si Dieu a choisi français première langue, si Chateaubriand est le plus grand artiste de tous les temps, si Bardot est par-delà les siècles la plus belle fille du monde, n’en déplaisent aux sublimes Italiennes, alors il faut se recueillir en silence au pied du catafalque en osier de Saint-Tropez. Un pays si joli s’est senti meurtri, soudain diminué, plus petit.
Je ne peux oublier la gerbe éclatante qui lentement s’extrait du fourgon funéraire. Les couleurs flamboient comme une éclaboussure de soleil. Ce sont les couleurs du citron, de l’orange et du coquelicot. « Que voici de majesté ! » eût salué Céline, l’amoureux des danseuses. Brigitte Bardot nous ensorcèle, frivole et indomptée, comme une nature sauvage, sur la terre et au ciel.
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