dimanche 10 mai 2026
La fin de la propriété privée
Nous vivons dans une espèce d’espace, habitons l’agrégat Schengen, ce mot fétiche qu’on dégaine à Bruxelles pour fixer une absence d’appartenance et privilégier une bienheureuse errance. La nation est à fuir comme la peste, à bannir comme une notion obsolète. Elle figure la petite propriété mesquine des vieux peuples batailleurs.
C’est pourquoi on gomme les frontières comme on casse un mur porteur. Exit la nation belliciste. On fait déborder le vase identitaire. On fait couler la peinture en dehors de sa limite, on mélange les pigments, on vise l’embrouillamini comme une beauté absolue. On est content de l’amalgame, on s’extasie du méli-mélo, on glorifie le grand tas, on vénère le machin qu’on croit américain.
Dans l’Europe, il y a leurre. C’est la rançon à payer de la déconstruction des nations. Ce chapelet d’espaces ouverts à tous les vents n’a plus rien à défendre. Il se désarme de lui-même. C’est une auberge espagnole qui se fiche bien de garantir une paix, qui somnole dans son dogme. L’Europe emprunte au communisme ses infantiles menteries. L’Europe se fabrique à la planche à billets : il en faut toujours plus. Dans une génération, peut-être deux, viendra la parousie. En attendant Godot, on se contorsionne, on fait le dos rond.
On a fauché la nation à son peuple. C’est plus que ses économies, c’est sa géographie, c’est son lieu de vie. On l’a déshérité du plus enraciné de ses biens de proximité. On l’a défait de la nation comme d’une propriété privée. La spoliation du pré carré français ne signifie pas autre chose que la fin du droit de posséder son propre destin.
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