mardi 25 mai 2010

L'art d'être cumulard

Dans son ouvrage "La prospérité du vice", l'économiste Daniel Cohen cite "L'Enfer" de Dante : "Orgueil, envie et cupidité sont les trois étincelles qui enflamment le coeur de l'homme".
A entendre les cris d'orfraie poussés par les sénateurs socialistes à l'évocation d'un éventuel renoncement au cumul de leurs mandats électoraux, on ne se lasse pas de méditer la sentence du poète florentin.
L'homme politique pèche par orgueil. Il se considère unique en son fief, incomparable dans une démocratie qui prône l'égalité, encourage l'éducation du peuple, promeut la diversité des talents.
L'homme politique s'abandonne à l'envie. Il jalouse en cachette le succès de son voisin de travée, lorgne sur la réussite de son voisin de clocher. Il calque ses désirs sur ceux de ses pairs, dans un tourbillon mimétique à la René Girard.
L'homme politique cède à la cupidité. Il cumule les mandats comme on accumule des revenus. Il vante la sobriété des besoins mais s'oublie dans la modération des convoitises. L'idéal politicien masque un vulgaire appât du gain;
Bref, l'homme politique est un homme comme les autres. Il aime le pouvoir, il goûte le prestige, il apprécie l'argent. L'art d'être cumulard est exercé sans grand effort par une majorité d'élus de France et de Navarre.

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