dimanche 22 mars 2026

La cravate, la pochette, la rosette

Les experts fascinent l’auditoire, impriment dans les mémoires. A les voir pérorer à la télévision, je me persuade qu’ils croient vraiment ce qu’ils disent avec des certitudes de croisés en mission. Les chaînes d’information mutualisent leurs généraux de plateaux, s’échangent leurs coups de menton. La guerre à tout bout de champ sollicite l’écho d’une flopée de stratèges au rancart. Trois critères autorisent à les identifier : la cravate, la pochette, la rosette. Si d’aventure l’un des trois attributs fait défaut, c’est qu’il s’agit d’un supplétif, d’un vulgaire colonel, d’un sous-officier égaré qui inflige un laïus de petit valet. La rosette de la Légion d’honneur donne une légitimité au piapia d’expert, bien au-delà de l’aristocratie militaire. Ainsi les toubibs les plus épatants cumulent à l’image rosette et nœud papillon, forcent à l’envi sur la dose d’intimidation. Mobilisé au débotté, un journaliste de renom, vieux cheval de retour dans sa profession, choisit son inusable veston taché de rouge pour mieux convaincre du bien-fondé de son boniment. Je pense au sympathique Michel Chevalet. En Italie, j’ai vu l’excellent Guido Guidi présenter la météo de son pays en uniforme impeccable de son corps d’élite. L’habit fait le moine. On le sait. La rosette gonfle l’autorité de qui taille une bavette à l’antenne. Assurément.

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