mercredi 20 août 2025
Prix Nobel
Prix Nobel, rosettes distribuées comme des sucettes, distinctions à répétition, les grandes personnes s’enrubannent de vanités diverses, briguent à l’envi ces honneurs flaubertiens qui déshonorent les misérables récipiendaires.
En revanche, depuis Mai 68 et les diktats du petit bandit de Cohn-Bendit, les dignitaires du droit à la différence ont décidé d’exclure les gosses des préaux du festin scolaire de fin d’année : la cérémonie des prix. Ce rituel méritocratique, hautement républicain, distinguait l’excellence.
Depuis près de soixante ans, une société de vieillards, drogués à la vanité, s’interdit d’encourager les enfants à bien travailler. Les adultes s’auto-congratulent, se gonflent de considération mutuelle, s’échangent les trophées de clinquante renommée. Les vieux envieux monopolisent les hochets, les détournent de leur objet, s’approprient tous les premiers prix. Les enfants regardent. Ils mesurent le burlesque de la vie de grande personne.
mercredi 13 août 2025
Après l’Hue-Eux, la nation
L’Hue-Eux se vautre dans le stupre du larbinat, se cantonne dans un misérable et souffreteux rôle de petits valets des empires nationaux.
Hue ! ordonne un anonyme cavalier à sa poussive monture. Eux, ce sont les prétendus Européens, peuples dépossédés, agglomérés dans une bétaillère financière, agrégés dans une construction géométrique, une idolâtre vue de l’esprit dont les épiphanies de son ciel, ses apparitions irréelles se produisent en ses conclaves de Bruxelles.
Cet amalgame de contrées, ce bric à brac européiste, cet équipage improbable tire à hue et à dia, s’agenouille au pied de l’âne Américain, se prosterne devant l’ogre Russe.
Hue ! Le canasson de l’attelage est un modeste et laborieux percheron, infoutu d’aller de l’avant, infichu de galoper dans le sens des intérêts de ses peuples, incapable de traverser les rues de l’Histoire. Le rougeaud d’Amérique et le grisâtre cosaque imposent leur loi à la petite bande sans joie de Bruxelles.
Après de Gaulle, la France a déserté ses origines, sa terre, son sol. Elle s’est fourvoyée dans l’itinéraire bis de l’abaissement, dont Bruxelles était la preuve par neuf, puis par vingt-sept. Elle s’est dégradée, a changé de qualité, s’est détériorée dans une médiocrité ordinaire de petits politicards rentiers et mercenaires. L’humiliation d’un peuple a suffisamment duré.
L’affolant endettement qu’autorise l’application du bon élève allemand a provoqué l’incurie, favorisé l’impéritie. Elles conduisent à la cour du roi Pétaud qui règne aujourd’hui. Le déclassement de la France résulte de l’abandon de la nation.
Les Etats-Unis, la Russie, la Chine sont des nations. En revanche, l’Hue-Eux, est un objet territorial mal identifié, une sorte de « machin » sans destin qui regarde passer les trains. L’Hue-Eux fait la démonstration cinglante que l’union ne fait visiblement pas la force.
La force, justement, est une idée neuve en Europe. L’angélisme du Vieux-Monde laisse pantois. Sa logorrhée droitdelhommiste, morale en diable, l’a conduit à la faute professionnelle. Car enfin, le rapport de forces est le socle stratégique où s’exerce la légitime défense des intérêts d’un peuple, quel qu’il soit.
Or l’Hue-Eux manque cruellement d’un peuple. Elle s’en soucie comme d’une guigne. L’expression « souveraineté européenne » désigne une douce rigolade, un mensonge éhonté, un leurre de quatre sous, un attrape-nigaud d’estrade électorale. Par hypothèse de travail, l’Hue-Eux tourne résolument le dos au peuple.
Faire de l’Hue-Eux une nation exige de fusionner les peuples. On commencerait par les épousailles, hautement symboliques, de la Gaule et de la Germanie : la FrançAllemagne totaliserait pas loin de 150 millions d’habitants. Elle figurerait la première nation issue d’un mariage de raison.
L’actuelle Hue-Eux a explosé en vol. Vol, j’entends larcin: on nous a dérobé la nation. Dès lors, la nation, si vilipendée par le passé, si guerrière en sa nature et ses querelles de bornage, est aujourd’hui d’une actualité criante. La nation est la seule, la dernière utopie de l’Europe.
samedi 9 août 2025
Quatrième de couverture
Demos est un petit nom de classe, un diminutif pour parler vite, aller à l’essentiel quand on m’appelle. J’y vois un signe d’affection, l’impérieuse injonction de me soucier d’un peuple, de veiller à ce qu’il vienne au gala des mots, ni en tribus identitaires, ni en foule en colère, mais en petite bande amoureuse, comme les échappés du dernier kilomètre, avec une même et convulsive splendeur en ligne de mire.
Aucune égalité n’est requise quand on vise le luxe d’une banquise, quand les paysages sont silencieusement sauvages, quand les ciels rouges s’ébrouent avec les loups. Aucune égalité n’est respectée, quand on décide de coudoyer une invincible beauté, quand on endosse l’humilité du fol guerrier, quand on décide, une fois pour toutes, d’y aller seul. Aucun peuple. Aucun peuple ne suit. Aucun peuple ne cause au néant. Tous les autres mentent.
Le livre, il suffisait de trois mots pour l’écrire : assuétude, épiphanie, nostalgie. Nous étions trois aussi, agenouillés au pied du lit, les coudes plantés dans l’édredon, une mère et deux fils, à réciter la prière journalière avant d’éteindre la lumière. Je me réveille. Je ne vois plus ma mère. Je questionne un mur. Qu’est-ce que c’est, au juste, qu’une prière ? D’une abyssale ignorance, saurais-je faire une espérance ?
Je me souviens de la musique des préaux et j’entends la clameur qui me baptise tout haut Demos, du nom qui désigne un peuple hellène.
Demos
J'ai écrit un livre que je voulais lire, et relire, question de correction."Demos" est le treizième manuscrit que je confie à l'éditrice. L'ouvrage est publié, à la rentrée, le 15 septembre 2025.
vendredi 1 août 2025
A mauvaise école
Les deux meilleurs ont échappé au formatage de l’Ena. Les plus mauvais en étaient diplômés : Giscard, Chirac, Hollande, Macron. Les pires en étaient sous-diplômés, via Sciences Po: Mitterrand, Sarkozy.
Seuls de Gaulle, sorti de Saint-Cyr, et Pompidou, normalien, condisciple de Gracq, se sont hissés au-dessus d’eux-mêmes pour gouverner la France, la propulsant dans le peloton de tête des grandes nations.
Soyons juste: Giscard a sauvé quelques meubles, instruit de la précieuse culture scientifique de Polytechnique. Mais les autres, les suivants, ont fait sombrer la Cinquième République dans la nullité de leur médiocre dessein, leur misérable entêtement à jouir du pouvoir, le culte nombriliste de leur diaphane petite personne.
mardi 1 juillet 2025
D’où vient de Gaulle ?
D’où vient le courage ? Du coeur ? Mais c’est quoi le coeur ? Le Keur ? D’où vient la géniale folie de De Gaulle ? Du Keur ?
D’une tendresse infinie, d’un affectueux sentiment pour un machin qu’il nomme la grandeur.
La France n’existe que grande, seule pointure en stock. Un chef d’Etat, un vrai, se situe hors format, déploie une majesté, grandeur nature.
D’où vient de Gaulle ? Charles, le Charlot du musée, rangé des voitures, vient de là.
Nuit grave
Nuit incendiaire. Nuit émeutière. Nuit d’enfer. On tire à balles parce qu’on fête une finale de football.
La révolution de Macron se cantonne aux mots du dictionnaire. Au bilan, l’assaut du stagiaire se résume à quelques ronds dans l’eau. L’étymologie du terme impose l’immobilisme.
Macron a nui à son pays. Jusqu’au menton. A force de klaxonner sa suffisance de nanti de la technocratie. Le stagiaire de l’Elysée était mauvais pour la santé des Français. La double dose de mandat intoxique nos poumons d’une assassine nicotine. On absorbe le goudron qu’il nous fourgue. On s’acclimate à son glyphosate de fonction et à ses satisfecits sur le perron.
Ni frère, ni grand, ni champion, il ne fut qu’une mauvaise résolution des urnes. On ne s’habitua pas aux postures d’un jeune ambitieux en costume de petit vieux, infoutu d’endosser l’habit de la fonction, infichu d’incarner la grandeur de la nation.
Bref, j’arrête le tabac. C’est décidé. Je jette mes Nuits graves dans une Seine épurée. Je renonce à ma dernière cartouche de Macron.
Ce petit cow-boy fumeux a calqué sa stratégie d’exemplaire écologie sur Marlboro, kif kif bourricot, sur ses plus ruineux dommages visant un vieux pays, pourtant fragile des bronches.
Nuit grave. Et pourquoi pas Nuit Graves ? Comme on sifflerait un dernier calice d’une délectable liqueur, une dernière bouteille de vrai vin, avant d’enterrer la vie de ce jeune garçon au secrétariat de je ne sais quel “machin”, raillé naguère par le Général.
Inscription à :
Articles (Atom)