dimanche 15 août 2021
Grégoire Dubreuil
Grégoire Dubreuil a choisi la nuit. Un jour, il publia un livre. Puis un autre. Du temps de notre amitié, il me confia un troisième manuscrit : « Heureux les pauvres en esprit ». Texte d’une rare dignité littéraire.
A l’éditeur de qualité qui se désignera, je soumettrai volontiers la liasse de feuillets inédits – cent seize pages -, à son éventuelle attention, à sa juste appréciation.
dimanche 8 août 2021
Burn-août
Je suis fatigué des pâles apparitions du moussaillon de Brégançon. Il manque de Haddock dans la jeune tête à claques qui surgit au premier clic.
Je suis déçu du petit débat des ticheurtes noirs qui complète le grand débat des gilets jaunes. Je voulais du glamour à l’ancienne, du roman-photo de bord de plage.
Le jet-ski ? Déjà abandonné. Aucune suite dans les idées. Je voulais voir le chef par gros temps, les cheveux dans le vent. Fini, rangé des postures, le scooter des mers.
Le petit frère des peuples délaisse son jouet mazouté comme un gosse blasé. Pas envie de purée, cet été.
La pataugeoire ? Ils ont travaillé pour le roi de Prusse, les maçons de Brégançon ? Le toqué de TikTok s’en tamponne le coquillard de son bassin d’eau turquoise.
Même la première dame fuit le voisinage du ponton. La philosophie du confinement, l’un et l’autre, les a secoués de l’intérieur. Alors, ils y restent.
Vieux jeu, je me rabats sur la télé de papa, sur les navets réglementaires d’été. Julie Gayet, comédienne incertaine, fait la tournée des chaînes. Les patrons d’audiovisuel font du zèle à contretemps, se trompent de bonnes manières quinquennales.
En revanche, Brigitte Trogneux est interdite d’antenne, même sur Ciné-Classic. Ses films sont boycottés. La télévision est outrageusement anti-Macron. Où est la liberté dans tout ça?
vendredi 2 juillet 2021
Grand dessein
Un grand dessein vient de loin. Dans son dictionnaire des idées reçues, Flaubert aurait ajouté : « gaullien ». Duras, renchéri : « forcément ».
Je me suis réveillé tôt. J’ai écouté la radio. J’ai retenu les mots : « Ne pas saturer les hôpitaux ». Le grand dessein est un machin de médecins, une machinerie de toubibs qui nous mène au casse-pipe.
Bref, je reste chez moi, même pas mal avec une fièvre de cheval. Je me bourre d’aspirine. Je suis brave. Avant de résilier le téléphone, je réponds à l’enquêtrice. « Non, je n’ai pas saturé l’hôpital de mon quartier ». Je le jure sur la Bible, la tête de Salomon. Je me conforme au grand dessein. Réglo avec les hôpitaux. J’ai bon. Oui, sous Macron, j’avais bon aux questions.
Le dos rond est une stratégie de matou grognon. Que voit-on ? La Rem, reine d’un jour, rose majorette d’une Macronie morose, fille naturelle d’une hautaine Giscardie.
Manu 1er, son roi, fut secoué par la rue, cogné par le virus. Il gouverna par vagues, par mimétisme. Manu le héros s’apparente à Walko, le maillot jaune surprise sous Guy Mollet, l’introuvable champion du Tour de 1956.
Qui se souvient de Walkowiak, de sa gniaque éphémère de lauréat faussaire ?
dimanche 6 juin 2021
Assez d'actes, des paroles
Vendôme de la justice, Beauvau de la police, Orsay de la diplomatie, Grenelle de l’éducation, Valois de la culture, Bercy de l’économie, Descartes de la recherche, Saint-Germain de l’écologie, Beauvau bis de la laïcité, Balard des armées.
La machine à fabriquer du colloque, du débat, du blabla s’apparente à un cheval fou, au galop des mots vers l’écurie royale, date d’expiration du mandat du cavalier de l’Elysée.
On croule sous la générosité des états généraux. La multiplication des assises Emmanuel supplée l’embouteillage des comités Théodule. Les deux s’épaulent, Emmanuel et Théodule.
L’oscar du bavardage absolu, du meilleur dialogue de sourds, est attribué ce quinquennat-ci à M. Jean-Paul Delevoye pour l’intégralité de son œuvre. On lui doit la magique invention de « l’âge-pivot », concept longuement mûri, peaufiné de réunion en réunion, deux ans durant d’un labeur jusqu’à pas d’heure.
Trop tôt disparue, la géniale trouvaille laisse une famille de familles, une nation entière plongée dans la douleur, abandonnée au désarroi.
mercredi 2 juin 2021
Serres et La Fontaine
Il y a deux ans et deux jours, j’apprenais la mort de Michel Serres. Il ressuscite aujourd’hui avec Jean de La Fontaine, entre les lignes d’un même volume. Le philosophe et le fabuliste étaient faits pour s’entendre.
J’ouvre l’inédit de Serres avec délectation. Avec l’assurance d’y croiser la jeunesse d’une pensée, les finesses enchanteresses de la langue française. C’est un luxe.
mercredi 26 mai 2021
Céline
Louis Ferdinand Destouches est né le 27 mai 1894. « Mort à crédit », livre deuxième, est un éblouissement, un choc littéraire. Nora, l’Irlandaise, impossible qu’on la taise, illumine le sublime récit du merveilleux styliste. Céline écrit pour ses plus belles lignes.
« On ne quitte pas « Mort à crédit ». On est boxé dans les cordes. Le bouquin reste entre vos mains. Il colle à la mémoire, s'imprime dans la chair, squatte le corps. Céline parasite la réalité. "Non, mon oncle". Derniers trois mots. Point final de l'ébouriffant poème. Ferdinand est fixé sur sa folie. Cap sur la Légion. Ferdinand se fiche des préventions de l'oncle. Il est rectiligne sur la tribulation. Il suit l'exhortation de sa dure caboche. Il songe à Nora, la sublime noyée des mois de pensionnat. Nora s'est échappée de la nuit. Elle fend la mer d'Angleterre. Elle s'abîme dans une vague éperdue. Ferdinand se souvient de ses fièvres romantiques.
Il revoit Courtial à l'aube, trouée dans la tête. Il n'a pas bronché, empoigné son fusil. Il voit du rouge qui dégouline entre les lignes. La mort se donne comme une carte de mauvaise pioche. Ferdinand est expert en pudeur. "Non, mon oncle".
« Dancing de la marquise » (5 Sens Editions, 2020)
mardi 25 mai 2021
Epatant
Carlito est le mari de Carlita. Il est genré pour ça. Que nenni. Carlito n’est pas l’amant de Carla mais l’ami de Macro. Ils crachent dans le même micro. Le près-Zident est près des gens. Proche des plus que gens, proches des jeunes.
Le présijeune n’attend pas l’automne pour sortir du tunnel, revoir les beaux jours, montrer ses dents de requin, sourire au destin.
L’Elysée jouxte la rue du Cirque. La rue des clowns et des actrices. Son nez tourne. Le nez de Macro bouge quand il ment, le bougre. Carlito fait des roulades dans le parc. Il en profite, les salles de sport sont toujours fermées. Brigitte boude la cérémonie, n’aime pas la fantaisie.
Macro l’Intello joue à l’idiot, au crétin des Pyrénées, influencé par le grand aîné du Modem, supprime l’Ena, copine avec les cancres des petits bachots et des blagues d’illettrés. Macro n’est ni fier, ni franc, ni français du collier.
Macro, on dirait Jean d’O qui s’encanaille avec la plèbe, les sots du Web. Converse radieux de Dieu, de soi et d’entre soi. Macro sort bientôt du Château, de son colloque intime avec Jean d’O. Il publie la suite de ses Mémoires castristes, « Révolution II ». L’ouvrage évoque Zavatta, le vaccin de l’au-delà, Castex, l’extra-terrestre dont il apprécie les phrases à terroir, Benalla et son revoilà de maréchal, pugiliste oublié du début de quinquennat. Et plein d’autres choses. Bonnes feuilles en exclusivité dans le Gît Dédé. Epatant.
Inscription à :
Articles (Atom)