mardi 13 novembre 2012

Un bout de soie

Sa cravate de travers indique une direction, peut-être un but, voire même un cap. Secret d'un bout de soie. Gardé pour soi. Hollande n'en dit pas plus que le tissu. Il ne lâche pas le morceau.
Hollande louvoie dans ses phrases, à l'aise dans ses mots, en bonne intelligence avec son impopulaire gentillesse. Hollande manie l'ironie comme une solution aux questions. Certaines jolies femmes rient ainsi, faute de répartie.
Ne voit pas l'avenir en noir. Noir de jais comme ses cheveux teintés. Ne voit pas l'avenir du tout. Regarde derrière pour se satisfaire de la route accomplie. Le chômage n'a pas d'âge. Il souffrira bien un an de plus.

lundi 12 novembre 2012

Le ministère de la parole

Fillon pépère ou Copé filou. Sage sourcilleux ou guerrier fougueux. La droite balance entre deux styles.  Empire ou Restauration. L'histoire bégaie. Fillon se "balladurise". Chute de chaise à porteur, à l'appui. Copé se "sarkozyse". Avec le risque de forcer le trait.
Fillon veut en finir avec sa carrière d'éternel second. En revanche, Copé s'est toujours imaginé premier.
Les deux candidats briguent le ministère de la parole qui échoit au chef de l'opposition. Le maire de Meaux aiment les mots.
Le ronron monocorde de l'ex de Matignon modère l'ardeur du parler choc de Copé. La droite s'interroge sur le choix de son meilleur chantre.

dimanche 11 novembre 2012

L'avenir de La Tour

Au bout de la galerie, le tricheur de La Tour fait tapisserie. L'espace est lieu de passe-passe. Les mains voltigent, les doigts dansent, brouillent les apparences. Volent et voilent sur la toile.
L'as de carreau complote par derrière. Fait voir un dos.
La Tour a peint la lumière à même la couleur. Economise un bout de chandelle. Je coince mon épaule à l'angle du mur. Je me cale à l'embrasure. J'observe de travers. L'aile Richelieu connaît un creux. Personne ne songe à s'égarer dans un hangar à regards.
A deux escaliers de là, Caravage est exposé sans tralala. On change d'étage. Sa diseuse de bonne aventure trace l'avenir de La Tour. Pontormo ne dit mot. A sa manière. Fine et précieuse.

samedi 10 novembre 2012

Tosca

Opère la loi du chant de Floria. On sort de Tosca requinqué de joie, rehaussé de gloire sonore. Vibre en soi l'écho d'une grandissime soprano.
On s'attable, groggy par Puccini. Il y a à boire et à manger. La plainte de causeur rompt le fil du bonheur. Une logorrhée de société balaie d'un trait l'intimité d'une paix.
On malaxe une matière dégueulasse. On se dégrise à la morne entreprise. Les mots déballent un lot de rancoeur ordinaire. On bavarde affaires de menus patrons, de chefferies du lundi, comme on parle chiffons. Tosca s'est tue sous les chahuts d'un moi ostentatoire.

vendredi 9 novembre 2012

Une main de bénédictin

Novembre ravive le chagrin. On oublie les rois de fantaisie des dernières décennies. Le défunt du jour, c'est de Gaulle et son drôle de corps.
Il a quitté la maison. Quarante-deux ans qu'il pleut dedans. Les tuiles dégringolent. On attend que quelqu'un rafistole. Nous manque un travailleur grandeur nature, un bâtisseur de toiture. Les missions d'intérim sont ruines des nations.
De Gaulle est ordinaire jusque dans sa mise en terre. Il fonde un ordre, dira Malraux. Il ne veut rien, voit le vide. Il a la force de ne pas désirer. De Gaulle échafaude une république gothique. Il a taillé l'édifice d'une main de bénédictin.

jeudi 8 novembre 2012

La cupidité des élus

Le rapport Jospin réactive le corporatisme parlementaire. La gent politique pousse des cris d'orfraie. Le cumul des mandats est un privilège de caste. Gauche et droite le défendent mordicus, au nom d'une juste démocratie.
Ils justifient pareil archaïsme au motif du sacrosaint ancrage local, nécessaire à la bonne écoute du peuple. La République, une et indivisible, cède à la pression terroriste du "terrain".
Fadaises et billevesées ! La démocratie a bon dos. L'hypocrisie règne en despote. Elle dissimule une logique de gros sous. Le cumul des mandats autorise l'addition des rémunérations. Il enrichit l'élu. Sous de grands airs démocrates, l'élu collectionneur masque une cupidité de mercenaire.

mercredi 7 novembre 2012

Noir et blanc

Il est blanc comme un linge. Il bredouille un volontarisme étriqué. Il serre ses petits poings pour illustrer  un modeste dessein. Ayrault prend mal la lumière, "ré-enchante le rêve français" de curieuse manière.
C'est un éteignoir d'espoir qui ne provoque pas de hourrah avec sa TVA.
Il est noir comme un basketteur de NBA. Il n'a pas peur d'être une star. Il plaît aux nababs d'Hollywood. Il trimbale un physique de victoire. L'Amérique veut le croire, a besoin de belles histoires.
Obama gagne haut la main. Ayrault perd ses moyens. La télévision départage les deux gladiateurs. La morale du vainqueur est celle du Vingt Heures.