jeudi 20 août 2026
Les 30 ans du Bon Albert
Je connaissais la date du 2 avril qui évoquait pour moi la mort de Georges Pompidou : celle de Georges Pompidou, celle aussi de Karol Wojtyla. Elle renvoie désormais à une naissance, à la création du Bon Albert, à l’amour dans sa chair de la littérature.
Un article du Nouvel Observateur, en l’année 6 de votre maison, me convainquit de vous adresser un petit récit sur de Gaulle, un de Gaulle poète, quinze années après qu’il fût écrit , accepté d’abord par Sollers chez Gallimard - j’en corrigeai les épreuves - sans pour autant qu’il soit édité, sans que jamais je sache la raison du revirement.
Dix ans après la parution de « C’est encore loin de Gaulle ? », je soumis à votre appréciation un deuxième petit ouvrage « Ainsi soit Staël », exercice d’admiration sur le peintre. A cette occasion, Nicole, vous m’aviez parlé d’un mensuel littéraire « Service Littéraire ». Son rédacteur en chef, séduit par l’un de mes livres (« Dancing de la marquise ») me confia, il y a cinq ans, une rubrique d’humeur intitulé « Maussion de censure ». J’y rédige toujours mes petits billets.
Avec vous Nicole, je partage un amour sans limites pour l’œuvre de Marcel Proust. Nous la lisons, la relisons, avec délectation. Je vous ai promis un texte sur Albertine Simonet que malheureusement je ne parviens pas à écrire. Je sais votre tendresse pour Robert de Saint-Loup.
Aujourd’hui, je suis vieux, j’ai treize petits récits au compteur. « Demos », le dernier, a été chroniqué dans Service Littéraire, « mon journal », et dans L’Oiseau Hennissant, « mon journal » tout autant. Je l’ai dédicacé vendredi dernier à l’occasion du Salon du Livre, tenu au Grand Palais. Mon éditeur 5 Sens était présent au stand du Livre Suisse. « Demos » voisinait avec les textes de prestigieux auteurs, de grands écrivains helvètes : Ramuz, Roud, Cingria, Vallotton, Dürrenmatt, Godard.
J’ai vécu ces deux heures de signature d’un livre comme une petite récompense, une reconnaissance d’un modeste travail. J’ai ressenti combien je vous devais, Nicole, pour la confiance donnée, pour l’assurance transmise. Je voulais vous l’écrire et témoigner ainsi d’une sincère gratitude. Le Bon Albert fête ses trente ans. L’Oiseau Hennissant se pose régulièrement sur mon épaule, donne des nouvelles de ses passions, se fait le trait d’union de nos admirations. Les beaux jours arrivent. A quand la sortie de vos beaux textes sur Balzac ? Vive Le Bon Albert !
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