mercredi 12 août 2026
Lettre à Frédéric Andreu
Hier la bonne fortune m’a souri. Patrick Wagner me communiquait un très beau texte qui relate l’aventure d’une lecture. Vous en avez signé les phrases. Elles m’ont profondément touché. Je suis ému d’en être à la fois la source et le destinataire.
Vous m’avez lu. Lu vraiment. Pour de vrai. Avec vos yeux d’écrivain, avec une sensibilité d’homme de l’art, avec un talent flagrant qui honore un travail. Je vous en suis infiniment reconnaissant. Ma gratitude ne fait que redoubler la reconnaissance dont vous témoignez à mon endroit.
J’ai ressenti une joie sans pareille à vous lire. Vous avez identifié, saisi au plus près, ma manière littéraire. Je ne fais pas d’histoires, je ne raconte rien qui aille de A à Z. Je zigzague dans ma propre ébriété. Ou plutôt, chaque phrase est pour moi une histoire avec ses mots nécessaires. Il y a mille histoires dans Demos, autant que de phrases risquées, d’aventures amorcées, de nouvelles péripéties à courir.
La beauté est du temps volé au ressentiment. Elle est faite d’instantanés. J’ai voulu dire que ma loi est d’écrire ce que je lui dois. Car Demos vise en premier lieu à servir de son mieux la sainte langue française. Mon petit carnet de veille – j’aime bien votre expression - est cousu de regards et de petites amoureuses. A vrai dire, Demos est écrit de manière suffoquée, d’un jet de première nécessité. Ce petit mot l’est aussi.
A vous, bien à vous, mes remerciements éblouis
Christian de Maussion
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