jeudi 5 mars 2020

L'épiphanie Bekhti

Six mars, six fois six, Leïla Bekhti fête ses trente-six ans. Je la regarde. Elle est belle. Et moi je vois trente-six chandelles.

"Visage de Leïla Bekhti. Visage d'éclaircie, de doux noir regard. Visage d'Algérie, mordu de rouge, cerclé de lumière caramel. Visage libre aux yeux enroués, aux murmures impérieux.
Visage aux imprécises ruades, aux songeuses incartades. Visage d'une intuitive présence. Leïla Bekhti est un visage surgi, une embellie de la vie, une épiphanie.
Je vois les bandes de convives, les hordes de starlettes qui s'attablent au bruit des fourchettes. Leïla Bekhti s'assied dans un froncement d'épaules. On aime sa gaucherie, sa gaminerie sérieuse. Elle se ratatine quand elle dîne. Elle me déçoit, m'émeut comme une beauté fripée. Je sens la limite d'un corps entravé.
Son visage balance d'un côté à l'autre. Prend l'air des conversations. Met le bout du nez dehors, vers le sonore. Peine à poser son attention. Elle est courbée dans son assiette, pouffe d'un petit rire de fillette. Rire de bossue. Elle mange en catimini. Elle mange avec ses doigts. Leïla Bekhti se cache de quelque chose."


« Dancing de la marquise »,  5 Sens Editions, à paraître en avril 2020

mardi 3 mars 2020

Trop grande gueule pour faire école

« La mort de Jean-Christophe Averty est une blague des claviers Azerty. C’était un imagier incendiaire, un artificier de la beauté convulsive. La télévision de jadis était exécutée par de vrais artistes. C’était le temps de l’ORTF. La direction appartenait à ses chefs gaullistes, la création était confiée à ses réalisateurs communistes. Pas d’autre choix qu’une seule chaîne d’Etat, certes, mais avec de grands soldats superbes. La télévision de papa était filmée sous la dictée d’hommes de vision. Beckett, Adamov ou Ionesco figuraient au programme de prime time.
J’étais en culottes courtes. Je me souviens des Raisins Verts, l’émission de variétés déjantée qui déclarait la guerre à l’ennui des chaumières. L’art fêlé d’Averty visait le fou rire des familles. Un bébé de couleur violette était débité à la moulinette. Averty était un dandy, un esthète du sacrifice aztèque. Un zézaiement délicieux commentait le délictueux spectacle. Ce strabisme de la diction exerçait une ravageuse séduction.
Averty était un coloriste du noir et blanc, un aventurier de l’image truquée, le poète inspiré d’une 3D pas encore née. Sa photographie était nourrie de textes de fantaisie, des facéties d’Alfred Jarry. A vrai dire, l’image numérique vient du Collège de Pataphysique. Averty était un pyromane de l’image. Il travaillait les pixels de manière insurrectionnelle. Il illustra Roussel et Cocteau, Gracq et Shakespeare, Apollinaire et Prévert, Picasso et Richaud. Averty a diverti le bourgeois, travesti, perverti le bon goût, sa routine et sa mélancolie. Trop grande gueule pour faire école, il meurt aujourd’hui pour notre malheur. J’avais de la chance d’avoir dix ans dans les années soixante.»

« Dancing de la marquise »,  5 Sens Editions, à paraître en avril 2020


vendredi 28 février 2020

Age zéro, patient pivot

Je relisais les épreuves de Dancing de la marquise. Je serai à deux tiers centenaire quand l’ouvrage paraîtra à la mi-mars.
La relecture des cent soixante pages m’a absorbé. J’en étais resté à « l’âge pivot ». Mais entretemps, l’actualité en a perdu l’écho. Les olibrius ignorent les us et coutumes du coronavirus. On se concentre désormais sur « le patient zéro ».
Age pivot, patient zéro : tout se mêle, s’emmêle, s’embrouille. J’en ai ma claque.  Age zéro, patient pivot : ma seule urgence, c’est un livre de mots, Dancing de la marquise.

dimanche 23 février 2020

Faim de poireau

Le match contre Galles avait de la gueule. C’est la charnière qui a gagné la guerre. Ntamack est un fils à papa d’épopée. Chez Dupont, tout est bon. Jailli du diable vauvert, l’arrière tricolore a planté l’essai libérateur entre les perches totémiques comme une banderille, une flèche de grand péril dans une peau gaëlique. Bouthier, patronyme de pugiliste, les a sonnés, les a boxés en artiste.
Willemse, monstre de bravoure, s’extrait des corps de brutes, s’échappe des duretés du tas, aplatit, c’est son tour, dans le glorieux en-but.  Ollivon est un coureur de grands horizons, le capitaine des raids de montagne. Je consulte les annales. Il est l’Olivier Magne, le légendaire coursier du match.
Ntamack intercepte l’ovale avec une dextérité, une grinta, une vista, le panache d’attaque d’un jongleur de concepts. Vingt minutes à quatorze, nous subîmes la loi du Gallois sans fléchir un genou ni courber une échine. Le Quinze de Galthié témoigna sa grosse santé. Je revois Bamba, venu du banc, allègre au combat, qui d’entrée de jeu fit de son mieux, défonça la mêlée.
Galthié est le Deschamps du rugby. A Cardiff, il est sacré pour les meilleurs motifs. Le colonel Fabien galvanise les siens, les aguerrit aux grandes querelles. Les coqs, nos héros, se sont nourris de poireaux. Ils aimaient ça. Les grands gars s’en sont donnés à cœur joie. A Cardiff, on a vu de quel bois ce Quinze-là se chauffait. On se prend à rêver à du beau, fier et preux rugby, à du jeu joyeux à la Maso, Villepreux. Merci Galthié !

mardi 18 février 2020

Une histoire de fou

Georges Bernanos est né le 20 février 1888. Il a 132 ans aujourd’hui, quatre fois l’âge du Christ.
L’œuvre brille comme l’étoile de ses yeux, sur la photographie d’illuminé, rutile inutile comme un brutal coup de gueule dans les belles lettres.
Il ose, Bernanos. Quatre fois l’âge du Christ: il n’a pas vieilli, n’a pas fléchi d’un iota. Bernanos ressuscite une joie, la lumière, la poésie du grand gars du Golgotha. C’est un artiste monstre. « Sous le soleil de Satan » calcine tous les bons sentiments.

Une histoire de fou. A dormir debout. Au grand soleil d’une vie achevée, l’homme de la croix fait face, attendant la relève. Foudroyé comme un orme centenaire, déchiqueté par ses ouailles. L’abbé Donissan est mort au confessionnal, dans la posture du vif. Mordillé dans sa chair, des chevilles à la tête, des mornes peccadilles qui laissent au paroissien ce teint de linge, ces traces de doigt. Le curé de Lumbres, visage de craie, est touché au flanc, arrêté par les chiens, dans le taillis de ses prières. Chut ! Donissan va dire un dernier mot, nous donner ce qu’il est, sa sainteté écartelée. Elle éclabousse aujourd’hui nos figures d’esthètes.
Bernanos a taillé l’abbé sublime à sa mesure, avec au coin des lèvres un sourire de chien, la rosée sur sa gueule. Ce grand bonhomme, engoncé dans sa soutane, parle d’une voix de soie. Il marche dans la plaine, hagard dans la nuit, converse avec le ciel et la terre, le diable et l’horizon, posant brutalement ce même regard, voleur de bleu. Quand il écoute les mots des hommes, il pince sa lèvre d’enfant sage, la tient sauvagement serrée comme un poing. Cette bête de somme et de prière fait un métier de pointe, au bout du désir. C’est parce qu’elle manque la cible des choses que la littérature est un roman-fleuve.
« Le Soleil de Satan est un feu d’artifice tiré un soir d’orage, dans la rafale de l’averse. » Georges Bernanos est cet archer de l’absolu, qui fiche un bouquet de flèches dans le mille du ciel bleu. Avec cette force bouleversante qui charrie la beauté, qui arrache d’une même cognée, les pans sauvages du monde et les larmes d’enfant. Il a l’étoffe, la toile de jute du romancier, la folle endurance des grands bâtisseurs de récit, ce corps de croisé saturé du sang de Donissan, et au-delà, cette fine poésie de l’œil qui fait les phrases exactes, comme des étincelles, scande et colorie.
Donissan, percheron de Dieu, secoue l’encolure, envoie Satan valdinguer dans les décors, va comme un cheval fou au spectacle de l’homme. Le harcèlement d’insecte fait mal, fait mouche. Au premier cahot du péché, il bute dans la nuit, dégringole comme « un pauvre homme à la gueule pleine de terre ». Au matin, Donissan répare la toiture du presbytère et pareillement rafistole les âmes, à corps perdu. L’homme aux brodequins tachés de terre subit le supplice des marchands de mots, ces fauteurs d’ordre, nouveaux curés des places publiques.
C’est pourquoi l’abbé prend l’air. Dernier aigle royal, le saint de Lumbres sait la victoire certaine du piapia. Les hommes sont là, frais et roses : officier de santé, parlementaire, académicien. Le vain gratteur de signes, Antoine Saint-Marin, capitaine au long cours des petites péripéties de lignes, déchiffre avec stupeur, sur les lèvres du pauvre confesseur, ce formidable cri d’adieu : « Tu voulais ma paix, viens la prendre ! »
Bernanos écrit haut, car l’enfant parle fort dans l’obscurité. Tout a déjà été dit, sauf les petites secondes d’une vie qui n’ont jamais figuré nulle part.
« C’est fait des douleurs de la terre, le meurtre. Tout vie est cruelle parce qu’on n’est jamais assez sensible, jamais assez prévenant de soi, des autres. » Avant de couper court, Staël, le peintre, fait signe aux enfants de l’hiver, qui rient au grand air du bonhomme de couleurs. « Mais le vertige, j’aime bien cela, moi. J’y tiens parfois à tout prix, en grand. »
« A la limite d’un champ de poireaux », Mouchette habite une maisonnée sans histoire et sans joie. Un beau jour, la petite fille à malice, aux « beaux yeux, couleur de violette », perfore le néant, déballonne l’enflure des gens de bien, des gens du bourg. « Que voulez-vous que je fasse d’un univers rond comme une pelote ? » Mouchette blasphème, puisqu’elle raille le bon sens des salauds, joue à chat avec cette réalité de haine, cet enfer de bas de laine.
Au château du marquis, l’ignoble brasseur dénature la douleur en doléance, voit d’un cri la destinée de l’effrontée : « Elle a du sang sous les ongles ! » Telle une balle de chevrotine, le picotement du mal est entré dans Mouchette.
Avec une attention précise, Donissan déracine la joie qui flambe en lui, et fait siffler, sur son dos de chair strié, la discipline de fer des flagellants.
A l’homme, cette poignée d’humus, il n’est de condition que le partage de la douleur. Au petit jour, les chemins du mauvais prêtre et de la fille perdue se croisent, sous une lumière oblique, dans une clarté de cendre. Donissan voit trop loin dans le cœur de l’enfant. Au fond des yeux d’homme, il lit comme on hurle, ses gros doigts repentis comme s’il fouaillait ses propres entrailles, l’insupportable litanie du blasphème ordinaire.
Hors toise, Bernanos envoie l’époque au diable, et son haleine de mandarine pourrie. Il obéit aux ordres, à l’injonction de Claudel : « Il faut prier car c’est l’heure du prince du monde ! » Bernanos sait de quoi il parle : « Le diable, c’est l’ami qui ne reste pas jusqu’au bout. » En ces temps de fanfare et de joueur de tambour, où les oreilles sont pleines d’affreuses rumeurs, les saintes voix de la beauté ont péri, ou presque. Aux irréguliers, à l’idiot des sentiers, Staël encore, du haut de sa peinture effarante, l’ordonne : « Exige l’exception, ce ton-là, sans y toucher comme un gris de Corot ! » A chaque mot, Bernanos tombe sur un os. Il tâche de vivre. Malgré tout. Il est mort à la première heure. Il refuse la première pelletée des cimetières de la terre. Il ne lâche pas sa révolte comme ça : « Ma vie est déjà pleine de morts. Mais le plus mort des morts est le petit garçon que je fus. » De Bernanos reste La Joie, et le chant de Chantal. 

Ce texte est extrait de « L’amitié de mes genoux » (5 Sens Editions, 2018, pages 79-82). L’ouvrage est disponible à l’adresse suivante :
https://catalogue.5senseditions.ch/fr/belles-plumes/192-l-amitie-de-mes-genoux.html

Une première version de ce texte est parue dans « Art politique et littéraire », numéro 1, revue dirigée par Grégoire Dubreuil, novembre/décembre 1987.


vendredi 14 février 2020

Nourissier, artisan cordonnier

Il valait mieux que la griserie d’une notoriété, que les artifices d’un magazine, que le capitanat du prix Fond de Court. Voilà neuf ans qu’il est mort, satisfait d’un surcroît de médailles. C’était en février, le quinze sur le calendrier. Avant que sa mémoire ne flanche, François Nourissier écrivit un livre bien policé, de petit bourgeois, franc du collier, un texte de fier artisanat.  A défaut de génie est un ouvrage de cordonnier qui, s’il masque un visage, ne manque ni de métier, ni de panache.

« Je musarde dans le gros volume de Nourissier. Lecture d'avant-dîner. J'ai cédé à sa mauvaise tentation. J'ai ressenti de la pitié suspecte pour le vieil homme défait. Jusqu'alors, j'étais dissuadé par l'ennui d'un visage. J'évite sa barbante mélancolie.
A Défaut de Génie est un livre sans cérémonie, un manuel de coquetterie. Nourissier s'applique. Il donne un ultime coup de collier pour figurer sur la liste des épargnés. A corps perdu. Vain courage d'enragé. L'ancien compagnon d'Aragon n'est pas un grand fêlé des mots. Il n'est pas brûlé au dernier degré. C'est un bon serviteur, comblé d'orgueil et d'honneur. Il fait de son mieux. Il écrit juste, net et concis.
Il nous émeut à vouloir nous sourire un peu, du coin de ses yeux embués. Il parle comme personne de la maladie de Parkinson. Il cause du malheur, l'évoque de l'intérieur. Je lui dois d'avoir revu mon père derrière sa phrase lucide. D'avoir peut-être conversé avec lui, partagé sa longue douleur muette. Avant d'entrer, j'ôte mon chapeau.
Nourissier sait ressemeler les souliers. Dans A Défaut de Génie, la langue française est bien chaussée. Elle peut cheminer à son aise dans la tête du lecteur. La laideur est plus forte que la mort. L'artiste n'écrit pas, le pistolet sur la tempe. Il pratique la chirurgie esthétique de son propre visage. Il se refait, non pas une jeunesse, mais une illusoire beauté de papier. Nourissier noircit la page, barbouille son triste visage. Il rate sa tête comme Giacometti échoue au seuil du portrait. Il vieillit, épaissit les rides de sa disgrâce. Il fait l'économie du mot fin: "Ouste !"


Ce texte est extrait de Dancing de la marquise, à paraître chez 5 Sens Editions (avril 2020)

mardi 11 février 2020

Lagarce et la grâce

Je songe à Lagarce, grand gars des lettres françaises, renégat de race. Un style, c’est une manière d’être seul.
Aujourd’hui, 14 février, il a soixante-trois ans.  Il est mort, il y a un quart de siècle, pas à moitié, tout entier, sans avoir publié de petits feuillets. Son Journal est une splendeur, un chef d’œuvre absolu, son théâtre est joué, reconnu, beau à faire peur. « J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne ». Je suis au premier rang. Je témoigne d’un ébranlement durable.

« Voir la peau, les os, l’écorce d’un torse. Ne rien voir. Bander sa mémoire. L’arbre se délabre. La neige est une cendre d’hiver. Il y a une cataracte de mots, cinq filles comme des bougies, entre la vie et la mort. C’est au Vieux-Colombier, un jour de février, Lagarce aurait soixante années bien tapées. Artaud a tailladé les souvenirs, les accoudoirs du théâtre. Ici, on joue la comédie. On applaudit des mains, Antonin. On écoute une langue française, on ose.
Une émotion dégouline des tympans. Une phrase est une vague. Une autre phrase, une autre vague. La terre est nue jusqu’au reflux. Des vagues viennent en éclaireurs, un peu toujours les mêmes, avec ardeur. Une vague affectueuse qui mordille les chevilles, les cheveux des filles. Une vague écumeuse qui creuse, érode et ressasse une attente. Une vague rieuse et mystérieuse. L’écriture de Lagarce est une continuelle rature, un incessant battement d’essuie-glace.
En haut, un homme sur le carreau. A son retour de guerre, de colère avec un père, les filles l’ont hissé dans sa chambre de misère. Lagarce écrit son acte de foi, en connaissance d’une loi, en fin de sida. Il est mort déjà. Il rédige son enterrement. Il est dans sa maison, une chambre froide, une cache d’enfant. Les filles d’en bas pensent à l’au-delà, au train-train du tralala. Lagarce est un jeune frère, un garçon téméraire qui revient périr en sa contrée première. Avec un baluchon sur le dos, une vie de patachon, une vie d’histrion, et des gnons, couturé de partout jusqu’au menton.
Les filles, à tous âges, l’ont attendu comme des mouettes sur la plage. Ont guetté les nuages. Lagarce taille les mots des funérailles. Il imagine les filles, cabossées par l’immobilité, meurtries par la stérilité des rêves, infidèles au chagrin sacrificiel, traîtresses d’une monotone tristesse. La péripétie de Lagarce est « une blague de la vie ». Aux infirmières de l’attente coutumière, le garçon, l’homme d’écriture donne à la deuxième des sœurs les mots justes, sa version la plus pure : « Vous devriez m’aider. »
Lagarce suit Koltès, s’efface, torse et faciès, dernière pelletée, travail bien fait. Il mord la poussière à l’âge où Macron se proclame Jupiter. La vie de selfie ne suffit pas au style de poésie. A la Comédie Française, Lagarce est dans sa maison, cerclé de ses filles comparses. On ne réveille, ni les morts, ni l’enfant qui dort. C’est un vrai dieu, invisible aux yeux. Il a figure de prière dans le souvenir des pleureuses. Il a vu le soleil. On songe au Malentendu de Camus, à ce genre de crime sur les lieux d’une chair identitaire, d’une mémoire de canine.
Charles Juliet. Je lis des bribes de cahier. Je feuillette. Il cite Colette : « J’appartiens au pays que j’ai quitté. »  Inutile de tourner autour du pot, de chercher midi à quatorze heures. Voilà le sujet. Une cataracte de mots, un acte fleuve en écho. Clotilde de Bayser est la Mère du jeune frère.  Elle règne en duègne, immense comédienne. Les trois sœurs sont un bonheur de fraîcheur, de vivacité, de féminité enjouée. Rebecca Marder, La Plus Jeune, tient la dragée haute aux aînées tutélaires, éblouissante de furie, de sauvage gaminerie. Jennifer Decker m’a soufflé. « Tu vas nous revenir du bal avec ta robe rouge de travers et tu nous feras un enfant ». Sa liberté de rockeuse, sa spontanéité de loubarde évoquent un coquelicot de sentier, une fille simple, au vent voyou d’une jeunesse égarée. Les cinq actrices, gueuses, saintes ou garces, auraient mérité un cinquième rappel, une ovation plus soudaine de la salle nationale. »


« Dancing de la marquise »,  5 Sens Editions, à paraître en avril 2020